La tour Chappe
A la fin du XVIIIè siècle, les moyens de communication et d’information sont peu performants. La transmission des messages, à l’image des routes défoncées et des diligences, est réalisée par des courriers ou des estafettes.
Conscient des besoins de son époque, en 1763, l’abbé Claude Chappe, aidé de ses frères, va élaborer et mettre au point un projet de télégraphe optique.
Des tours, construites sur des sites élevés, espacées de 10 à 15km les unes des autres, en ligne sur tout le territoire, servent de relais pour envoyer et recevoir des messages à des fins militaires, au moyen de signaux optiques. Un mât est prévu en haut de chaque tour, visible de plusieurs kilomètres. Sur ce mât, un bras permettant de réaliser de multiples figures géométriques décrivant des lettres ou des mots.
Les signaux étaient observés par les télégraphiés à la station suivante au moyen de longues vues, puis reconstitués sur le mécanisme de la tour à destination de la tour suivante et ainsi de suite jusqu’à la dernière.
Ce système Chappe réduisait les délais de communication. Ainsi, entre Paris et Bordeaux, une nouvelle parvenait en 2 heures 30 ! C’est un progrès incroyable au regard des 5 ou 6 jours nécessaires à l’époque aux chevaux de Poste.
Elle deviendra un château d’eau jusqu’en 1985, sera ensuite abandonnée et finira par tomber en ruines, dévorée par la végétation.
L’institut national de jeunes sourds de Bordeaux, installé par l’État en 1958 sur le site du château Laburthe, a mis cette tour à disposition de l’association pour le musée et l’histoire des télécommunications (AMHITEL) à des fins de restauration. Cette association a réalisé un travail remarquable, permettant à la tour Chappe de Gradignan de retrouver son aspect originel, à l’intérieur comme à l’extérieur.
Elle est aujourd’hui l’une des rares tour Chappe de France a avoir retrouvé toute sa splendeur d’origine. L’AMHITEL la fait visiter à des groupes, sur demande.