La chapelle
La chapelle de l’INJS a été construite entre 1956 et 1958 pour permettre aux sœurs de la congrégation de Nevers de dispenser les offices religieux aux 215 jeunes filles sourdes accompagnées à cette époque sur le site.
Elle fut dénommée chapelle Saint-Jacques, rappelant ainsi que depuis des siècles, les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle passent dans les environs.
Elle a été bâtie à l’emplacement de l’ancienne chapelle des seigneurs de Laburthe, qui inhumaient leurs défunts sur leur terre. Le sol abrite peut-être une nécropole.
Pierre Mathieu, architecte
Le travail de Pierre Mathieu est caractéristique et reconnaissable notamment à ses boiseries biseautées et ses coursives permettant de passer d’un bâtiment à l’autre à l’abri des intempéries.
Edmond Boissonnet, artiste
Les vitraux ont été dessinés par l’artiste Bordelais Edmond Boissonnet. Né en 1905, Boissonnet a répondu, tout au long de sa carrière prolifique, à de nombreuses commandes en Aquitaine : vitraux, peintures murales, mosaïques monumentales, dessins, sculptures, tapisseries.
Sur le côté droit du cœur s’élèvent, sur une portée d’une dizaine de mètres, du sol au plafond, quatre verrières étroites, verticales, prises entre des meneaux de béton, rythmées en hauteur de 16 panneaux rectangulaires sertis dans le plomb.
Si la composition des deux éléments extérieurs à droite et à gauche, se répond en sens inverse, les deux centraux s’élèvent selon un graphisme propre.
Alors que dans le bas du vitrail, les noirs et les rouges infernaux affirment leur prépondérance, le regard croise des teintes de jaunes en s’élevant puis tout en haut, s’épanouissent les bleus séraphiques. L’artiste donne ici l’impression d’une élévation spirituelle par le seul agencement des verres de couleurs qu’il a utilisées.
Attenant à ce mur de verre, en hauteur, courant le long du mur, une frise de 22 vitraux reprenant chacun les dimensions de deux panneaux rectangulaires, éclaire la nef de leurs éclats mauves, verts, jaunes et rouges, alors que sept autres vitraux dans le renfoncement de meurtrières éclairant la galerie supérieure, alternativement carrés et rectangulaires, vibrent de sonorités jaunes, bleues, violettes et ocres.
Élie Caillaud, peintre-verrier et Jacques Dupuy, maître-verrier
Cette chapelle est remarquable à plus d’un titre. C’est l’un des derniers édifices religieux construits à la fin des années 1950. Elle est à la fois classique pas son plan, dû à l’architecte Pierre Mathieu, et très moderne par les vitraux abstraits de Boissonnet. Elle a été désacralisée au début des années 1990.
Cette chapelle est aujourd’hui labellisée « Architecture contemporaine remarquable ».