Les outils d'accessibilité

INJS de
Bordeaux

La lecture labiale

Les personnes sourdes et malentendantes, même appareillées ou implantées, reçoivent la parole de manière incomplète ou déformée. La lecture labiale est une technique utilisée pour reconnaître les mots de manière visuelle, en fonction de la forme prise par les lèvres. Elle constitue un complément important de l’audition et permet d’améliorer significativement la perception du langage. Les sons ont une traduction visuelle : ce sont les images labiales. Les entendants l’emploient également de manière automatique et inconsciente, notamment dans un contexte bruyant (restaurant, transports en commun).

Cette technique permet de comprendre ce que dit une personne en lisant sur ses lèvres, mais aussi sur l’ensemble de son visage. On ne peut pas lire totalement sur les lèvres. Pour les 36 phonèmes (sons) de la langue française, seules 12 images labiales existent.

Ses limites. Cependant, certains sons articulés à l’arrière de la bouche, sans intervention des lèvres, n’ont pas d’image labiale très nette comme le [k], le [g] ou le [r]. Ainsi, hors contexte, il est difficile de distinguer des paires de mots comme « grain » et « gain » ou comme « gras » et « rat ». En outre, les sons articulés, dont les images labiales sont identiques, sont des sosies labiaux comme [p]/[b] ou [s]/[z]. Enfin, lorsqu’une personne parle, elle peut enchaîner les sons de manière rapide, en articulant parfois exagérément ou trop peu.

Pour toutes ces raisons, la lecture labiale reste un complément à l’information auditive. En fonction du contexte et du sujet de la conversation, le cerveau est capable de faire des hypothèses souvent justes permettant d’accéder au sens de manière cohérente : on parle alors de suppléance mentale.

Optimisation de la langue. Pour une meilleure efficacité, la lecture labiale spontanée peut être entraînée grâce à des rééducations spécifiques proposées par les orthophonistes.

Frédéric Brossier

Les voyelles

Pour prononcer un son précis, la bouche doit avoir une forme particulière (ouverture de la bouche, position de la langue, provenance du son, etc,…). Les voyelles sont directement identifiables sur les lèvres. Elles peuvent être tenues sans que leur forme ne soit modifiée. L’entraînement porte donc sur la comparaison de l’articulation de chaque voyelle par rapport à :

  • La distance entre les lèvres dans le sens vertical
  • L’écartement des coins des lèvres dans le sens horizontal

Les consonnes

L’identification des consonnes est plus complexe (position de la langue, des lèvres, émission du souffle…). Elles sont présentées de face et de profil. L’entrainement portera sur :

  • Le temps de fermeture de la bouche,
  • La durée et la direction du mouvement
  • La présence de vibrations (nez, gorge)
  • L’avancement des lèvres

En lecture labiale, il va donc falloir :

  • PERCEVOIR ce qui peut être vu
  • INTERPRÉTER ce que l’on a perçu
  • COMPLÉTER ce qui n’a pas été vu.

 

Trois exemples ci-dessous, sous forme de jeu.

Pour aller plus loin :

  • labia.fr (méthode LABIA pour lire sur les lèvres)
  • orthomalin.com (site de référence orthophonique)
  • labiolecture.fr (entraînement en ligne après inscription)
  • Garric, Lecture labiale et conservation de la parole, Pédagogie et Méthode, Edition Du Fox, Paris, Broché, 2011, 276 p.
  • Haroutounian, Manuel Pratique de Lecture Labiale, Editions Solal, Paris, Broché, 2007, 199 p.
  • De Laturière, F. Muzzolini, Méthode LABIA pour lire sur les lèvres. http//www.labia.fr/
  • Stages d’entrainement à la lecture labiale (ARDDS)
  • Logiciel d’entrainement à la lecture labiale (GERIP)