Les outils d'accessibilité

INJS de
Bordeaux

La langue française parlée complétée (LfPC)

La LfPC permet de coder avec la main tous les sons de la langue française et aide à déceler les sosies labiaux. Elle facilite la lecture labiale pour un meilleur confort visuel. Il s’agit d’un codage composé de 8 configurations des doigts pour les consonnes et 5 positions autour du visage pour les voyelles, permettant de coder les syllabes manuellement.

L’utilisation de l’outil LPC peut se décliner :

  • soit dans le cadre de la communication, assurant ainsi la réception et la compréhension des messages oraux par le jeune sourd,
  • soit dans le cadre de pratiques pédagogiques comme aide à la réception/compréhension et à la production de la parole.

Dans tous les cas, la langue française parlée complétée est un soutien efficace et indispensable à la maîtrise de l’écrit par le jeune sourd, en compréhension et en expression.

Son rôle dans la lecture

Dans l’apprentissage ou le perfectionnement de sa lecture, la LfPC permet au jeune sourd de connaître et de maîtriser le système phonologique de la langue française, c’est-à-dire acquérir la capacité à isoler et à manipuler mentalement les unités sonores et non signifiantes de la parole : rimes, syllabes et phonèmes. Pour rappel, la phonologie constitue un facteur fondamental de l’acquisition des mécanismes d’identification des mots écrits. Elle permet au jeune de maîtriser les règles de correspondance graphèmes-phonèmes. Ce dernier apprend alors qu’un phonème peut avoir des graphies différentes.

De plus, parce qu’il a été exposé à des messages codés, le jeune sourd rencontre moins de difficultés à la syllabation (il s’habitue peu à peu aux découpages syllabiques), au déchiffrage des groupes consonantiques complexes, et aux liaisons.

L’utilisation de la LfPC par les professionnels permet au jeune d’éviter les confusions de la lecture globale : deviennent/devinent. Il peut lire chaque mot, syllabe par syllabe, et le replacer dans le contexte global de la phrase. Il peut alors reconnaître les mots qu’il déchiffre et comprendre ce qu’il lit, y compris l’implicite, le métaphorique.

Son rôle dans l'expression écrite

Dans l’apprentissage de son expression écrite, l’enfant sourd doit donner du sens à l’écrit qu’il produit et permettre au destinataire de comprendre le sens de cet écrit, de faire passer son message. Le langage écrit exige une attitude indépendante : le sourd n’a que les mots pour se faire comprendre. L’utilisation de la LfPC va permettre peu à peu des écrits moins fautifs (omissions d’articles, places erronées des mots, mauvaises conjugaisons des verbes).

En donnant à voir chaque désinence verbale, chaque petit mot, la LfPC permet de réduire, voire d’éviter les carences linguistiques chez le jeune sourd, comme par exemple : « Je suis tristesse, je sens pas bien » pour « Je suis triste, je ne me sens pas bien », « Elle t’es belle » pour « Elle est très belle » ou encore « J’ai vous présenté de mon exposé » pour « Je vais vous présenter mon exposé ».

Ces graves difficultés ne se rencontrent pas chez un normo-entendant. Elles ne se retrouvent pas non plus chez un jeune sourd dont la communication prioritaire a été la langue française codée car il aura reçu la langue orale dans son intégralité et aura pu découvrir son fonctionnement en toute autonomie.

Frédéric Brossier

L’enfant sourd peut bénéficier de la LfPC dès son plus jeune âge, développer ainsi sa lecture labiale et compléter ses perceptions auditives. En fonction du choix de mode de communication, le codeur peut intervenir très tôt dans la scolarité d’un enfant.

Les 2 codeuses de l’INJS interviennent auprès des jeunes, de la maternelle au lycée, en inclusion individuelle ou collective.