Histoire des sourds. Thèses

Différentes thèses de doctorat ont porté sur l’histoire des sourds…

Flora Amann, Sourds et muets entre savoir et fiction au tournant des Lumières

Thèse de doctorat en Littérature et civilisation française. Soutenue le 17-01-2020 à Sorbonne université

Résumé : Au carrefour de l’histoire des idées linguistiques et de l’histoire des représentations, cette thèse étudie les discours savants et fictionnels sur la surdité au tournant des Lumières. Cette période correspond à des changements qui ont affecté le cours de l’histoire des sourds en France et la façon dont ils étaient perçus. L’apparition d’un discours spécialisé sur la surdité, la création d’institutions consacrées à l’éducation collective des sourds et l’élaboration d’un langage gestuel destiné à leur alphabétisation, marquent les débuts de l’insertion des sourds dans la société. Pédagogues et philosophes ne sont pas les seuls à débattre de la surdité ; les sourds et leur éducation passionnent aussi les romanciers et les auteurs de fictions courtes. Le roman sentimental s’approprie le personnage muet et son langage gestuel, parfois en le dissociant de la surdité. Ce n’est pas tant la surdité que la mutité, qui semble avoir intéressé les romanciers, sans doute parce qu’elle permettait d’interroger la fonction sociale de la parole. Dans leurs œuvres, les (sourds)-muets romanesques révèlent par contraste les dérèglements de la parole provoqués par la Révolution. L’objectif de ce travail est double. Il s’agit d’abord de replacer les discours sur la surdité dans le contexte savant du tournant des Lumières et de montrer leur pertinence pour comprendre les mutations linguistiques, anthropologiques et philosophiques qui le caractérisent. Il s’agit ensuite de montrer, grâce à l’histoire des représentations, comment savoirs et fictions se rencontrent dans le travail de métaphorisation dont la surdité est l’objet au tournant des Lumières.

https://www.theses.fr/2020SORUL013


Yves Bernard, Approche de la gestualité à l’institution des sourds-muets de Paris : au XVIIIe et au XIXe siècle

Thèse de doctorat en Linguistique. Soutenue en 1999 à Paris 5

https://www.theses.fr/1999PA05H036


Fabrice Bertin, Auguste Bébian et les Sourds : Le chemin de l’émancipation

Thèse de doctorat en Histoire. Soutenue le 15-06-2015 à Poitiers

Résumé : Figure mythique pour les uns et méconnue pour les autres, Auguste Bébian (1789-1839) reflète l’ambivalence d’une Histoire des Sourds tantôt reconnue, tantôt ignorée. Dans le sillage de l’abbé de l’Epée, dont la postérité a retenu le nom et qui a démontré l’éducabilité des personnes sourdes à grande échelle, cet homme a pourtant été l’acteur d’un bouleversement sans précédent, qui dépasse en bien des aspects le cadre éducatif. L’objectif de cette recherche sur Auguste Bébian, qui combine de façon inédite éléments biographiques et analyse de sa pensée, n’est pas de déconstruire le mythe, mais au contraire de tenter de décrypter les messages dont celui-ci est porteur, et de saisir ce qu’il nous apprend indirectement sur les Sourds. Né en Guadeloupe en 1789, c’est sur l’autre rive de l’océan Atlantique, en France, que ce personnage-clé a accompli la majorité de son destin. Accueilli à l’Institution Nationale des Sourds-Muets de Paris au tout début du XIXème siècle, sa fréquentation quotidienne de ses pensionnaires a fait de lui le premier locuteur entendant maîtrisant parfaitement la langue des signes, langue naturelle des personnes sourdes, ainsi que la culture qui lui est inhérente. Devenu enseignant, il n’aura de cesse de défendre la langue des signes en tant que système linguistique à part entière afin d’éveiller l’intelligence des enfants sourds, dont « nous ne prêtons pas plus attention qu’à la lumière du soleil qui nous éclaire tous les jours » : ses nombreuses publications témoignent d’une considérable modernité, inégalées à ce jour. Dans la chaîne des événements qui conduit les Sourds à l’émancipation, incarnée plus tard par Ferdinand Berthier, cette étude montre combien l’impulsion d’Auguste Bébian fut un maillon déterminant, bien qu’inversement proportionnel à sa discrétion.

https://www.theses.fr/2015POIT5006


Patrick Bourgalais, Les miroirs du silence : l’éducation des jeunes sourds dans l’Ouest (1800 – 1934)

Thèse de doctorat en Histoire. Soutenue en 2005 à Rennes 2

Résumé : Cette étude porte sur les logiques et les enjeux de la prise en charge éducative des jeunes sourds dans l’Ouest de la France, de la Révolution à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Elle présente l’éducation des sourds comme le résultat d’une construction collective qui s’élabore à partir d’une certaine représentation du lien social et comme l’expression d’une médiation politique de l’État. L’action des pouvoirs publics se présente donc comme un compromis sans cesse renouvelé sous la conjoncture de facteurs économiques, sociaux et politiques qui dépassent largement le cadre de l’éducation des déficients auditifs. Aussi, les discours sur la surdité reflètent non pas tant la condition réelle des sourds que les préoccupations majeures du temps pour la société. La distance entre les discours qui légitiment l’intervention publique et leur réalité est au centre de la thèse.

https://www.theses.fr/2005REN20035


François Buton, Les corps saisis par l’Etat : l’éducation des sourds-muets et des aveugles au XIXe siècle : contribution à la socio-histoire de l’Etat, 1789-1885

Thèse de doctorat en Sociologie. Soutenue en 1999 à Paris, EHESS

Résumé : La thèse a pour objet les processus par lesquels l’Etat a contribué a la production de la société, à travers le cas des populations des sourds-muets et des aveugles au xixe siècle. Plus précisément, trois processus, lies entre eux, sont étudiés : l’émergence et la consolidation de la catégorie cognitive des « handicapes (ou déficients) sensoriels », d’abord ; la formation des identités collectives des groupes sociaux des aveugles et des sourds-muets, ensuite, notamment a travers la production d’attributs identitaires spécifiques a ces groupes (le langage des signes, l’alphabet braille) ; la structuration et l’institutionnalisation de l’éducation des enfants sourds-muets et aveugles comme activité sociale spécifique, enfin. S’inscrivant dans une analyse de socio-histoire du politique, la thèse est du même coup l’occasion de mettre en valeur certaines des modalités par lesquelles des acteurs et institutions de l’administration parlant au nom de l’Etat agissent sur la société, en prêtant attention a la fois a la contextualisation historique de ces actions et a leur contribution au processus général de construction de l’Etat bureaucratique.

https://www.theses.fr/1999EHES0002


Yann Cantin, Les Sourds-Muets de la Belle Époque, une communauté en mutation

Thèse de doctorat en Histoire et civilisations. Soutenue en 2014 à Paris, EHESS

Résumé : Une question se pose régulièrement sur la situation des Sourds de la Belle Époque, que l’on nommait communément sourds-muets. En effet, après les vœux du Congrès de Milan qui demandent l’adoption d’une nouvelle méthode éducative des enfants sourds, la méthode orale pure, qui bannit la langue des signes, la situation de la communauté sourde s’en trouve changée, et plus particulièrement parmi les catégories les plus hautes, et les plus basses. L’impact de la réforme éducative de Milan se combine avec les évolutions des mœurs au cours de cette période qui ont profondément bouleversé la structure de la communauté sourde, voyant l’émergence des familles particulières, constituée de membres entièrement sourds. Or, cette évolution s’accompagne d’une érosion importante parmi les groupes les plus éduquées qui disparaissent progressivement. En effet, la réforme de Milan ne semble plus permettre de former des êtres instruits, et il s’attache tout particulièrement à les faire parler. Ce changement de priorités semble couper le lien entre l’école et la communauté, et surtout fait tarir l’arrivée de nouvelles générations capables de prendre le relais aux anciennes. Cependant, la Belle Epoque est également une période de foisonnement intellectuel d’importance, avec une production littéraire inédite. Ce foisonnement masque en fait un début de déclin culturel et artistique qui ne devient flagrant qu’à partir des années 1920, accompagné de profonds bouleversements sociaux.

https://www.theses.fr/2014EHES0147


Florence Encrevé, Sourds et société française au XIXe siècle : 1830-1905

Thèse de doctorat en Histoire. Soutenue en 2008 à Paris 8

Résumé : L’histoire des sourds est celle d’une mise à l’écart de personnes considérées comme infirmes au nom de l’unité d’une langue supposée commune, le français. Cette thèse souhaite étudier l’évolution de la société française au XIXe siècle (de 1830 à 1905) à travers le regard qu’elle porte sur les sourds et en le confrontant au point de vue des sourds eux-mêmes. Dans une première partie, nous analysons la fraternité des sourds-muets, de 1830 à 1860, et l’action de Ferdinand Berthier, professeur sourd à l’Institution de Paris. Après les résultats auxquels il parvient, on pourrait penser que la condition des sourds va s’améliorer à partir de la seconde moitié du siècle. Or il n’en est rien. La philosophie du progrès entraîne une régression pour les sourds, tant au niveau de leur instruction qu’à celui de leur intégration. Dans une seconde partie, nous étudions donc les paradoxes de l’idée de progrès, de 1860 à 1905. Les sourds sont de moins en moins écoutés et la langue des signes est de moins en moins considérée. Ceux qui ne la connaissent pas ont la conviction qu’elle infériorise les sourds et qu’elle symbolise l’antithèse du progrès, ce que réfutent pourtant les sourds. La langue des signes est ainsi victime d’une certaine interprétation de l’idée de progrès. Les républicains souhaitent permettre aux sourds d’accéder à l’égalité civile grâce à la parole qui seule, selon eux, peut les sortir de leur infériorité. Or, malgré leurs bonnes intentions, en appliquant la méthode orale pure ils institutionnalisent une conception des sourds qui les regarde comme infériorisés tant qu’ils ne sont pas instruits à la parole et les sourds se trouvent finalement en situation d’inégalité.

https://www.theses.fr/2008PA082934


Sylvain Kerbourc’h, Le Réveil Sourd : d’hier à aujourd’hui (1971-2006) : de l’action collective d’un mouvement culturel pour la réhabilitation de la Langue-des-Signes-Française, à l’affirmation d’une identité collective pour la participation sociale des sourds

Thèse de doctorat en Sociologie. Soutenue en 2006 à Paris, EHESS

Résumé : Le Réveil Sourd est un mouvement culturel pour la réhabilitation de la LSF. Il émerge dans les années 1970-1980 à travers une double dialectique modifiant les conditions d’existence des sourds. Ils ont pris publiquement la parole en réinvestissant leur langue séculairement interdite. Ce mouvement a enclenché le renversement du stigmate de la déficience auditive à l’expression d’une «culture sourde». La revendication pour le bilinguisme synthétise la portée de ce mouvement. Les années 1990 restent marquées par un malaise social des sourds. Aujourd’hui, la société et les sourds sont au carrefour d’un double mouvement : d’un côté une société crispée sur ses principes républicains, de l’autre une revendication identitaire qui s’accommode, mal, avec la nécessité d’adopter une logique «handicapologiste». Les réponses apportées ont suscité mobilisation et espoir des sourds parce qu’elles promettent leur reconnaissance comme sujets de leur existence et acteurs de notre société démocratique.

https://www.theses.fr/2006EHES0142


Didier Séguillon, De la gymnastique Amorosienne au sport silencieux : le corps du jeune sourd entre orthopédie et intégration ou l’histoire d’une éducation « à corps et à cri » – 1822-1937

Thèse de doctorat en Sciences et techniques des activités physiques et sportives. Soutenue en 1998 à Bordeaux 2

https://www.theses.fr/1998BOR28554

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