Sourds directeurs d’école

David Comberry

David Comberry (1792-1834) apprend le métier de tailleur à l’école des sourds-muets de Bordeaux, mais il a l’esprit voyageur et, après ses études, il décide de faire un tour de France pour se perfectionner. Selon la loi, chaque fois qu’il entre dans une ville, il doit se faire enregistrer à la mairie et présenter son livret ouvrier.
Il arrive à Saint-Étienne en 1815. Il a 23 ans. L’accueil est différent. Le maire demande à le voir pour lui proposer de diriger une école pour sourds-muets qu’il souhaite créer dans sa ville. Surpris, Comberry se déclare incompétent. Il connaît le métier de tailleur, pas celui de professeur ou de directeur d’école.
Mais peu importe pour le maire de Saint-Étienne comme pour le préfet du département de la Loire : Comberry est sourd-muet, c’est là sa compétence. Après réflexion, Comberry accepte de se lancer dans l’aventure et l’école des sourds-muets ouvre ses portes en 1815. Il y reste 9 ans, puis il quitte Saint-Étienne pour fonder une nouvelle école à Lyon qu’il dirige jusqu’à sa mort.

(Extraits d’une conférence de Marie-Hélène Bouchet et Sandy Sabaté – mai 2019)

David Comberry (20 mai 1792, Bordeaux – 25 novembre 1834, Lyon)
Elève de Saint-Sernin, second directeur de l’institution de Bordeaux, il fonde à Saint-Etienne, à la demande du maire, une école pour les enfants sourds-muets de la région. L’école est transférée à Lyon en 1824, place des Minimes. Lui et son épouse Jeanne Monnier se consacrent à l’éducation des enfants sourds du Lyonnais. Il meurt soudainement d’apoplexie en 1834. Son collaborateur, l’abbé Plasson, le remplace pour les six années suivantes, jusqu’à l’arrivée de Forestier. Leur fille, Agathe Comberry (1820-1885), enseignante et épouse de Claudius Forestier, est une figure centrale de l’institution des sourds de Lyon : sans elle, il n’y aurait tout simplement pas eu d’école après 1840.

Yann et Angélique Cantin, Dictionnaire biographique des grands sourds en France, Archives et Culture, 2017

Un square porte son nom à Saint-Etienne…


Jean Bonnefous

En 1824, Jean Bonnefous, formé à l’Institut des sourds de Bordeaux, est appelé par l’abbé Breuillot pour prendre en main une école pour sourds à Besançon. Des jeunes filles sourdes-muettes avaient déjà été rassemblées par une sœur entendante qui s’était formée auprès de M. Pernet, alors directeur à Paris.

Notice sur les Établissements de Sourds-Muets à Besançon, par M. Désiré Ordinaire.

Cet enseignement est calqué sur celui de l’Institution de Bordeaux où a été formé M. Bonnefous. On y applique d’ailleurs les procédés de M. Bébian et une partie de ceux de M. Sicard. L’enseignement s’y divise en trois cours principaux :

– Le premier cours se compose de tous les élèves les moins avancés. Il se divise lui-même en trois degrés distincts. Dans le premier on commence par nommer les objets les plus usuels. On ajoute bientôt, au nom de ces objets, ceux de leurs qualités sensibles; puis on arrive aux verbes les plus familiers, et l’on apprend aussi les prépositions les plus indispensables. Dans le second degré, on exerce les élèves aux propositions les plus simples par l’intermédiaire du verbe être. Dans le troisième, on leur apprend les verbes adjectifs par les actions mêmes que ces verbes expriment, et ils sont exercés à former les propositions dans la composition desquelles entrent ces éléments essentiels du discours.

– Le second cours se divise en deux degrés. Dans le premier, on exerce principalement les élèves à exprimer, par des propositions, les actions mêmes que l’on fait devant eux, à rendre compte de celles qu’ils font eux-mêmes et à faire de petites descriptions. Dans le second degré, on les exerce aux locutions les plus usuelles, on étudie à fond les prépositions, les adverbes, et on commence l’étude de la grammaire.

– Cette étude se continue dans le troisième cours. On y ajoute celle des diverses opérations de l’arithmétique, de la géographie, de l’histoire, et des éléments de géométrie ; et ces diverses études sont en même temps une reproduction et une application continuelle de tout ce qui a été appris antérieurement. Alors les compositions des élèves embrassent successivement tout ce qui est l’objet de leurs études.

Chaque cours dure dix-huit mois à deux ans, suivant l’aptitude des élèves.

Circulaire de l’Institut Royal des Sourds Muets de Paris à toutes les institutions de sourds muets de l’Europe, de l’Amérique et de l’Asie, Volume 3
Institut Royal des Sourds Muets (Paris), 1832


Plantin

“L’école des sourds-muets du Puy est dirigée par M. Plantin, sourd-muet lui-même, dont l’éducation, commencée à l’Institution de Bordeaux, a été achevée à celle de Paris.

M. l’abbé Gérard le seconde dans l’enseignement des élèves, qui sont au nombre de 30”

Circulaire de l’Institut Royal des Sourds Muets de Paris à toutes les institutions de sourds muets de l’Europe, de l’Amérique et de l’Asie, Volume 4


Marie-Pauline Larrouy

Bien sûr, comme directrice d’école, il ne faut pas oublier Marie-Pauline Larrouy : https://injs-bordeaux.org/marie-pauline-larrouy/


voir : Véronique Geffroy, L’éducation des sourds et la formation des pédagogues sourds (recherche documentaire) : Étude exploratoire. 2015. hal-01682532f : https://hal-inshea.archives-ouvertes.fr/hal-01682532/document

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