Historique

Abbé de l’Épée

L’abbé de l’Épée (1712-1789) a créé la première école pour enfants sourds – qui est devenue par la suite l’Institut national de jeunes sourds de Paris. Ayant accueilli à son domicile deux sœurs jumelles sourdes, il apprit leurs signes et commença à leur procurer un enseignement selon la méthode des signes méthodiques. Il élargit cet enseignement à un nombre de plus en plus important de jeunes sourds. A son exemple, de nombreuses écoles ont été créées à travers toute la France, dans différents pays d’Europe et aux États-Unis. C’est pourquoi la mémoire de l’abbé de l’Épée est toujours vive parmi les sourds, et qu’ils lui dédient une fête chaque année.

 

1786 – Fondation de l’Institution des sourds-muets de Bordeaux

Au cours d’un voyage à Paris, Monseigneur Champion de Cicé, archevêque de Bordeaux, rend visite à l’école des sourds fondée par l’abbé de l’Épée. Il est conquis et décide de créer un établissement similaire à Bordeaux. Il demande à l’abbé Sicard d’y enseigner. Celui-ci va se former auprès de l’abbé de l’Épée. Une maison est louée 39 rue Capdeville, quelques élèves sourds sont rassemblés et les cours commencent le 20 février 1786.

Jean de Saint-Sernin y enseigne la grammaire, le calcul, la géométrie et la géographie, tandis que l’abbé Sicard se consacre à l’enseignement de  la religion et de l’histoire sainte.

Premiers élèves de l’Institut de Bordeaux

1793 – L’institution nationale des sourds-muets

L’abbé Sicard succède à l’abbé de l’Épée à l’école de Paris. Jean de Saint-Sernin est nommé directeur de l’école de Bordeaux en 1790. Le 21 septembre 1791, l’Institution s’installe dans le couvent des Minimes (rue des Minimes, près du Fort du Hâ).

En 1793, Jean de Saint-Sernin se rend à Paris avec deux de ses élèves. Ils participent à une réunion du Comité d’instruction publique, puis à une séance de la Convention. Après les avoir entendus, le 17 mars, la Convention place l’Institution de Bordeaux sous la protection de la Nation, comme celle de Paris. L’école des sourds-muets de Bordeaux devient Institution nationale par décret du 12 mai 1793.

1796 – Déménagement

Le nombre d’enfants accueillis augmentant, un décret du Directoire du 6 vendémiaire an 5 (1796) attribue à l’Institution de nouveaux locaux, rue des Religieuses (actuelle rue Thiac), dans l’ancien couvent des Catherinettes.

En 1801, une commission administrative est chargée de l’administration de l’Institution, et en 1805, quatre Sœurs de Nevers sont nommées responsables de l’économat et de la surveillance des filles. Jean de Saint-Sernin part à la retraite en 1814, et est remplacé par M. Guilhe.

En 1838, Jean-Jacques Valade-Gabel, enseignant à l’Institution des sourds-muets de Paris, est nommé directeur de l’établissement bordelais. Il réforme l’enseignement et introduit la méthode intuitive alliant la langue des signes à l’apprentissage du français écrit. L’institut royal de Bordeaux devient un des cinq établissements généraux de bienfaisance et d’utilité publique.

En septembre 1859, est décrétée la séparation des sexes dans les établissements nationaux pour sourds. Les filles vont à Bordeaux et les garçons à Paris. On assiste à un transfert de jeunes et de professionnels entre les deux institutions. Les professeurs hommes quittent Bordeaux pour rejoindre  Paris, tandis que des Sœurs de Nevers sont recrutées pour assurer l’enseignement et l’éducation  pour les jeunes sourdes de l’établissement bordelais. Les jeunes sourdes entrent dans l’Institution à partir de l’âge de huit ans. La scolarité dure six ans. Le nombre d’élèves continue d’augmenter : 68 en 1815, 115 en 1852…

1870 – Inauguration du nouvel Institut bordelais

Les locaux devenus insalubres sont détruits et remplacés par de nouveaux bâtiments conçus par l’architecte départemental Joseph Adolphe Thiac. Les travaux sont achevés en 1870.

On peut encore voir, sur la façade, les signes en relief de l’alphabet dactylologique. Une statue de l’abbé de l’Épée surmonte le porche. L’entrée principale est encadrée de quatre médaillons à l’effigie de l’abbé de l’Épée, l’archevêque Champion de Cicé, l’abbé Sicard et Jean de Saint-Sernin.

1880 – Congrès de Milan

Un congrès international réuni à Milan impose la méthode orale pure comme seule méthode d’enseignement. La langue des signes est interdite dans les classes.

L’Institution de Bordeaux devient une école modèle pour l’enseignement général, ainsi que l’enseignement de l’articulation et de la lecture labiale. Plusieurs présidents de la république viennent la visiter (Félix Faure en 1895, Émile Loubet en 1905,…).

Pendant la première guerre mondiale, une partie des locaux sert d’hôpital militaire. Durant la deuxième guerre mondiale, l’Institution est occupée par des soldats – les élèves sont relogées dans des maisons louées à Talence.

1949 – Changement de locaux

Après la 2ème guerre mondiale, le ministère de l’intérieur réquisitionne une partie des locaux pour y installer des services de police. Peu à peu, les élèves et le personnel déménagent dans les nouveaux locaux construits à Gradignan, au château Laburthe. L’école est intégralement déplacée à la rentrée 1958.

Évolutions

En 1965, une classe de 6ème est ouverte, puis petit à petit tout le secondaire. A partir de 1967, les garçons sont de nouveau admis à l’institut de Gradignan. Les religieuses partent progressivement, remplacées par des professeurs et éducateurs laïcs.

En 1975, le ministère de la santé autorise l’utilisation de la langue des signes dans l’enseignement.

A partir de 1976, sont lancées les premières expériences d’intégration d’élèves sourds dans les établissements de l’Éducation Nationale.

A partir de 2000, se développe l’intégration individuelle, ainsi que les partenariats avec des établissements de l’Éducation nationale.

La loi du 11 février 2005 demande au ministère de l’Éducation nationale de prendre en charge les élèves handicapés. Ceux-ci peuvent être scolarisés dans des établissements spécialisés, si les parents sont d’accord, et si le plan personnalisé de scolarisation de l’enfant le prévoit. Des équipes de suivi de la scolarisation assurent le suivi des décisions de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (de la Maison départementale des personnes handicapées).

 

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